« Le martyre d’un libre-penseur, Étienne Dolet »

Par Jean Jaurès Préface de Jean-Pierre Sueur.

Édition La Guêpine (2019)

Étienne Dolet, considéré comme l’un des pionniers de la libre conscience au XVI ème siècle, dans un pays qui attendra encore quelques temps pour se réclamer des droits de l’Homme, est né à Orléans en août 1509.

Trente-sept ans plus tard, accusé d’hérésie et de blasphème il meurt place Maubert à Paris, pendu puis brulé avec ses livres.

Nous étions en 1546. La Renaissance venait de s’inviter à l’agenda de l’Histoire. Mais comme le décrit Marguerite Yourcenar dans son « œuvre au noir », inspirée de la vie d’Étienne Dolet, le temps n’était pas encore sorti du clair-obscur décrit plus tard par Antonio Gramsci, ce clair-obscur d’où surgissent des monstres.

Ce même clair-obscur qui allait fondre sur l’Europe en ce 30 juillet 1914, à 21h20 précise au Café du croissant, à quelques encablures de la place Maubert, en traversant la Seine. Jaurès vient d’être assassiné.

« Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? »

Ce grand homme, cette belle personne, cet orateur hors pair à qui la loi du 9 décembre 1905 doit tant, illustre parmi les illustres, digne héritier des Lumières.

C’est d’ailleurs à la Renaissance encore trop hésitante, celle-là même qui permis à la philosophie de réinventer la raison, qu’il s’adressait quelques années plus tôt, dans les colonnes de l’Humanité, à l’occasion du vibrant hommage qu’il rendait à Étienne Dolet : « Toute la Renaissance et toute a Réforme auraient dû se grouper autour de lui pour le défendre ».

C’est cela, cet hommage, ce réquisitoire, cette mémoire de combat, que Jean-Pierre Sueur a souhaité faire sortir de l’oubli.

Il a rédigé un petit livre érudit qui s’offre au lecteur, avec gourmandise et la facilité de ses 60 pages.

Au prétexte de la redécouverte du texte de Jaurès de 1904, le sénateur du Loiret, à travers une préface (qui fait quand même plus de la moitié de l’opuscule), met en parallèle ces deux personnages emblématiques : Étienne Dolet et Jean Jaurès.

Deux hommes de passions, épris de libertés, et avant toutes, celle de la pensée. Deux personnages illustres dont les sorts, au-delà du temps, se sont rejoints.

L’auteur et préfacier, Jean-Pierre Sueur souligne cette similitude de destin, mais aussi, et surtout la proximité de leur combat.

Jaurès, comme Dolet, croyaient en la force de l’esprit.

Dolet, comme Jaurès détestaient le dogmatisme.

On a voulu les réduire au silence et effacer leur trace. Comme l’écrit Jean Pierre Sueur : « On aura voulu les anéantir. Mais ils savaient, l’un et l’autre que c’était vain et qu’en effet, quelles que soient les époques, les circonstances, rien n’anéantirait ce qu’il faut par-dessus tout servir, quoi qu’il en coûte : la souveraine liberté de l’esprit ».

Leur pensée doit résonner (comme l’écho dans la montagne), et même raisonner en nous (comme la mobilisation de notre conscience), avec force et vigueur, en ce début de siècle tenté par l’obscurantisme et plongé dans l’expectative.

Dolet par Jaurès

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